Négotiation, conversation et durabilité

La conscience collective évolue plus lentement que les consciences individuelles. Il faut du temps à l’échelle d­es générations pour que la première puisse assumer les dernières. À chaque moment aujourd’hui, les débats exprimant l’insoutenabilité de notre style de vie collectif se répètent entre des millions de personnes dans le monde entier. Mais, à quelques exceptions près, les choses restent comme elles étaient. Stérile est l’indignation qui conduit à la résignation – c’est bien plus intéressant d’accepter ce qui est sans renoncer et d’essayer d’éviter que le lendemain répète l’aujourd’hui. Résignés aux règles d’une société que nous pensons extérieure à nous, nous pensant incapables de la transformer, notre lendemain est de nouveau comme aujourd’hui et comme tout l’hier qui occupe nos esprits. Souvent, nous vivons entièrement occupés par ce qui est antérieur : notre profession, nos proches, les médecins, les achats, le maintien de nos finances … nous sommes préoccupés par le rendez-vous avec le plombier ou le dentiste, par les dernières nouvelles concernant tel ou tel séisme physique, politique ou socio-économique, par le travail de tel ou tel artiste, sportif ou gourou; par la construction de notre discours; par la rationalisation de l’offense ressentie; occupés à meubler notre temps… de loisir?, libre? Collèges, universités, emplois, couples, rôles, retraite… soucieux que notre avenir soit comme il faut, pour éliminer l’insécurité et, ce faisant, pour fixer nos frontières. Et quand nous avons du ‘temps libre’ (ergo: non esclave), nous nous employons à le remplir de lectures, de films, de télévision… de la distraction, sans laisser de place au silence, à l’occupation sur ce qui est là, devant nous. Nous vivons dans le rôle que nous assumons, qui est notre prison : à partir de cela, nous regardons le monde et l’interprétons. Nous vivons préoccupés (pré-occupés); et dans ce qui était auparavant occupé (dans les affaires), il n’y a pas de place pour une nouvelle occupation. Nous sommes occupés à maintenir le système de vérités qui nous tient encore. L’abandonner nous semble un plongeon dans l’abîme. Bénie soit l’abîme.

Le vrai loisir (otium) ne touche pas à la distraction : c’est le temps de l’écriture, de l’étude, de la philosophie, de la floraison, comme dit par Sénèque et Cicéron1. Distraits nous vivons toute la journée sans voir ce qui se passe au moment même où nous y sommes confrontés. Le loisir, en revanche, est remarquable par son absence : il n’y a pas de place pour l’otium là où les préoccupations existent. Il n’y a pas de présence dans le bruit qui remplit un esprit préoccupé. La présence est dans le silence, dans le otium. La vie s’expresse dans l’otium, pas dans le nec-otium. Aucun espèce que les humains vive dans le nec-otium. Vivant dans le nec-otium, il n’y a pas de place pour son contraire. Béni soit l’otium.

L’âme d’un individu ne peut être soumise à des cultures, des traditions ou des pays, mais doit toujours émerger, fraîche, de la véracité de soi et d’au-delà de celle-ci, afin de pas se soumettre à des limites dans le temps ou dans l’espace. La culture n’est pas le passé. La culture est le fait de cultiver, de s’épanouir, d’apprendre. Le passé n’est culture que dans la mesure où il sert à vivre, à apprendre à vivre.

Nous pensons que nous voyons ; cependant nous ne voyons pas ce qu’il y a, mais plutôt ce que notre regard englobe. Notre regard est le fruit de notre préoccupation. Nous voyons ce que notre préoccupation – qui est notre passé – nous permet de voir ; et nous l’interprétons selon son arrangement dans notre système de pensées. Nous lui donnons des noms et des adjectifs pour le conceptualiser, l’étiqueter d’une manière telle qui nous le comprenons, incapables de voir sans juger. Nous regardons ce qu’il y a du point de vue de notre regard, et, comme ça, nous ne voyons que notre reflet. Nous persistons à essayer de convaincre l’autre que la réalité est seulement ce que nous voyons. Notre monde est notre regard. Si le regard ne change pas, comment le monde pourrait-il changer?

Les manifestations de conflit se multiplient : phénomènes météorologiques extrêmes, migrations massives, guerres, luttes pour maîtriser les ressources de plus en plus rares, pauvreté, tensions politiques, nationalismes régionaux ou étatiques, batailles de marché … Les manifestations de conflit sont diverses, mais le conflit est un et unique, lié à notre regard, à notre façon de voir ce qui se passe ou, à sa place, la projection de nos préjugés. Conflit, donc négociation, entre théorie et pratique ; entre ce que nous voyons, ce que nous pensons ou ressentons, ce que nous disons et ce que nous faisons ; entre ce que nous voulons et ce que nous sommes ou ce qu’il y a ; entre ce que l’un voit et ce que l’autre voit. Conflit de pouvoir entre voisins, peuples, régions, pays et continents ; entre collègues, concurrents, entreprises, idéologies ; entre les intérêts pour maintenir ce qui nous maintient … Nous sommes notre regard. Tant que nous ne levons pas les yeux autant que nécessaire, nous ne verrons ni la partialité de l’autre ni la nôtre. Nous ne serons pas à même de comprendre que le seul tort d’autrui serai de partager le notre, c’est a dire, d’envisager la réalité que d’un seule angle, différent bien sûr de celui duquel nous l’envisageons, si est qu’il y a une réalité. Nous ne verrons pas la prison dans laquelle nous vivons, à partir de laquelle nous regardons le monde. Nous n’aurons pas une vision globale, inclusive et accueillante de ‘l’autre’. Dans une vue non globale, ce qui est vu est séparé de ce qui n’est pas vu, ce qui est notre monde de ce qui ne l’est pas, et ne peut pas l’être parce que nous ne le voyons pas. Plus nous élèverons notre regard, plus il sera complet, car moins de choses resteront étrangères à sa compréhension. Le conflit ne peut cesser que dans l’abolition des partis-pris.

Quand nous arrivons à comprendre que nous devons laisser la place à d’autres intérêts, nous négocions. Sous une vue partielle, le seul moyen possible d’évoluer avec une certaine harmonie est la négociation. C’est-à-dire : mes intérêts sont ceux-ci, les vôtres sont ceux-là, alors voyons à quel point intermédiaire nous arrivons, cédant les deux côtés dans nos revendications déclarées. Mais, pour approcher le point d’accord, nous déclarons tout ce qui n’est pas indéniable, tout ce qui pourrait être possible. Dans la négociation, il y a toujours de la place pour la tromperie. La négociation a lieu entre nations, entre régions, entre villes, groupes sociaux, entreprises, groupes politiques, ONGs, membres de la famille … La négociation devient le moyen d’évolution le moins non-durable pour notre vision du monde; mais elle a pour résultat la certitude que la insoutenabilité de demain sera plus grande que celle d’aujourd’hui.

La négociation est un acte humain, pas une loi naturelle : aucune espèce ne vit en négociation, car aucune espèce ne vit pas dans le nec-otium. Une négociation réussie, si une telle chose existe, n’est souscrite que par les parties de la négociation. Le sujet qui n’a pas participé à l’accord d’une négociation sera probablement lésé. Dans une Economie incapable d’inclure toutes les ressources, beaucoup de choses sont laissées de côté dans la négociation : personne ne traite des ressources que l’Economie, incapable de les prendre en compte, regroupe sous le concept d’externalités. La laitue, l’escargot, l’eau, l’air, les générations suivantes … ne peuvent pas s’exprimer dans une négociation. Cependant, ils sont affectés par les résultats ; et, à travers eux, les humaines sommes affectés à nouveau, à plus long terme. Ainsi, même si les négociations aboutissent apparemment, elles pourront difficilement aboutir en vérité, car elles partent de la myopie : soit dans le temps, soit dans l’espace, elles ne considèrent que les proches. La négociation ne pourrait pas comprendre ceux qui sont plus loin ou plus tard, parce qu’ils ne peuvent même pas être vus, notre vision du monde étant myope.

La vie se vit en éprouvant sans cesse la nouveauté, par des essais et des erreurs continuelles, même dans des délais incompréhensibles pour notre capacité de perception très limitée. La vie ne peut probablement pas compter sur notre espèce pour continuer à vivre elle-même ; mais ce qui est certain, c’est que sur cette Civilisation des Affaires elle ne pourra plus compter. Mais, tout comme une maladie est une bénédiction qui permet à la vie de continuer à apprendre, notre espèce et notre civilisation aura été une merveille qui aura permis à la vie de découvrir que le nouveau devra vaincre, au moins, l’existence d’intérêts particuliers ; et tout au plus, l’égoïsme, le regard partial. La conscience de soi, qui a fondé il y a 40 000 ans la naissance de l’homo sapiens-sapiens, est aussi notre tombeau glorieux. Béni soit l’effondrement.

En regardant le monde à partir de notre rôle, nous ne voyons pas ce qui se passe, mais nous l’interprétons à partir de ce qui nous soutient. En regardant le monde depuis l’hier, il n’y a pas de présence, il n’y a pas d’aujourd’hui, il n’y a pas de nouveauté, il n’y a pas d’otium, il n’y a pas d’innovation. Il y a répétition. Nous négocions dans la mesure du possible pour maintenir nos sources de sécurité, car nous n’acceptons pas l’incertitude ; et quand il n’est pas possible de négocier, nous nous imposons à d’autres ou nous nous résignons à ce qui nous est imposé, sans l’accepter. Si nous agissons pour éviter ou rejeter ce qui nous est imposé, il n’y a pas d’action : il y a réaction. Dans la réaction le passé est réaffirmé, il n’y a pas de nouveauté. Nous réaffirmons le système qui nous maintient lorsque nous fermons la porte à l’insécurité, et ainsi nous le perpétuons. Incertitude omniprésente, éternelle, nécessaire, bénie, que nous avons l’intention de nier, sans succès. Sans elle, la vie ne pourrait jamais apprendre de soi même.

Au-delà de la négociation, la conversation émerge. Beau mot, conversation. Dérivé du latin versare, qui indique un mouvement (virage, changement, rotation), et du préfixe con– indiquant ‘en compagnie’. Converser est donc avancer ensemble. Ce n’est pas pour dialoguer (étym.: parler rationnellement), ni pour échanger des opinions, convaincre ou persuader. Il ne s’agit pas de confronter des arguments afin de parvenir à un accord final. Converser est avancer ensemble sur tout le processus d’expression. Lors d’une conversation, il n’y a pas de place pour la tromperie. La conversation a lieu à tout moment dans la mesure où elle ne trouve aucun empêchement. S’il y a des intérêts particuliers à gagner en performance ou en avantage (pouvoir, argent, reconnaissance, pitié, etc.), ou des préjugés qui empêchent de voir ce qui se manifeste comme quelque chose de nouveau, il n’y a pas de conversation.

Nous craignons : le changement climatique, la désertification, la perte de ressources. Nous avons peur du nationalisme, des événements stupides de lanceurs de roquettes, de magnats ou de tout autre politicien ’du jour’; des marchés, de la perte d’emplois, de l’insécurité du demain, de la maladie … Craintifs, nous nous efforçons de maintenir ce qui nous maintient, et seule une débâcle pourrait faire en sorte que demain soit différent d’aujourd’hui. Là où se trouve un arbre, aucun nouvel arbre ne peut naître. Là où se trouve l’ancien, le nouveau ne peut pas naître.

Incapables d’agir librement, on ne peut que répéter l’hier. Tout en proclamant son infaisabilité, nous contribuons à le maintenir. Nous faisons tout notre possible pour ‘gagner notre vie’ même si nous contribuons à l’empêcher, à la nier, à maintenir ce qui nous maintient, en engraissant le système que nous abhorrons ; à garder notre sécurité, prisonniers d’un passé que nous appelons culture, dans laquelle nous incluons certains droits que nous nous sommes attribués sans savoir qui nous sommes pour nous l’octroyer. Prisonniers d’une Economie (avec un «é» capital pour être une dénomination consensuelle et en italique pour fallacieux) qui a radicalement échoué parce qu’elle n’est pas complète (holistique), incapable qu’elle est de supposer que seule la vie peut être globale, de sorte que seule la vie peut s’exprimer économiquement (de «économie» en minuscule, en tant que loi naturelle à laquelle l’Economie a l’intention de s’approcher, sans y réussir). Prisonniers d’une Economie non économique. Bénie soit l’économie.

Dans son évolution, l’Economie de la modernité détruit la résilience. Dans le processus de concentration que cela implique nécessairement – suite à sa myopie -, elle a détruit la capacité des personnes à maîtriser leur vie en mettant fin à la diversité des professions, à la vie rurale, à la richesse des sols, à la stabilité du climat, à la diversité des plantes et des espèces animales, à la diversité des manières de comprendre la vie : à la diversité des regards. La civilisation occidentale, qui a prospéré sur les plans de la démocratie, de la connaissance et de la diversité, est déjà en train de dégénérer clairement en raison de son appauvrissement. Comme toute manifestation de la vie, comme tout ce qui est unité en soi ainsi que partie d’autre chose plus compréhensive, cette civilisation est née, a grandi et est en train de dégénérer, avant de mourir. Bénie soit la mort. Sans cela, nous serions toujours des protozoaires. Sans cela, chaque jour est hier.

Nous savons que les conventions portant le nom d’États-nations entravent la conversation, quelles que soient leurs frontières ; que les élites ne vont pas la promouvoir ; et que ce que nous avons indûment appelé la démocratie est absolument incapable de faire face aux menaces sérieuses qui, déjà par elles-mêmes, et plus encore lorsqu’elles sont accumulées, représentent les traces d’un monde chaotique. Compter sur un changement extérieur à chacun pour nous sauver est une pure illusion. Refuser d’accepter que l’humanité ne puisse pas compter sur notre civilisation est aussi illusoire que de croire que nous ne mourrons pas.

Une transformation radicale ne peut se produire que par la véracité de nos modes de vie, sans prétendre être un modèle ou convaincre, être une autorité ou la suivre, chercher à sauver quoi que ce soit, car il n’y a rien à sauver ; de l’action pure, pas du réactif ; être le monde que nous disons que nous voulons.

La nouveauté issue de l’effondrement enregistrera ce que nous avons été et intégrera ce que nous avons appris, car c’est la vie qui l’aura appris à travers nous –voilà notre mission dans la vie : être instruments de son propre apprentissage. Ce qui dépend de nous, ce n’est pas de l’éviter, mais de prendre soin de la terre pour que la nouveauté puisse germer de graines saines. Aucune autre mission ne pourrait être plus méritante, plus enrichissante, plus belle et plus joyeuse.

Effondrement béni, abîme béni, devant lequel aucune solution partielle n’a de sens. Bénie soit l’incertitude, qui sommes-nous pour la refuser ? Bénie soit la mort, qui laisse place à la nouveauté. Mourir chaque nuit et renaître chaque matin, se questionner continuellement, laisser que le vieux meure pour que la nouveauté puisse émerger. Il n’y a pas de vie dans la répétition. Vivre est embrasser la mort.

1 Sénèque, De la brieveté de la vie, XIV, 1 ; Cicéron, Plaidoyer pour Plancus, XXVII, 66. En : Leblond, C. et Ferreira, F. (2012) L’otium : loisirs et plaisirs dans le monde romain. De l’objet personnel à l’équipement public. [www] www.orient-mediterranee.com/IMG/pdf/Otium.pdf (Visité 7/12/2018)

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Estilo de Vida- ejemplo de sesión diaria de clase de español

Esta entrada sirve para mostrar el tipo de módulos que diseñamos en Estilo de Vida para la enseñanza de español como lengua extranjera. Este módulo de 4 horas es adecuado para niveles B1 y B2.

Sesión 3. Somos nuestra alimentación

  • Objetivos: Facilitar la conversación sobre alimentación (interés universal, en todo lugar, frecuente, permanente e importante).
  • Contenidos funcionales: Familias de alimentos. Alimentación equilibrada. Resumen en titulares. Matices comunicativos de ser y estar. Orientación en poblaciones.
  • Contenidos lingüísticos: Imperativo positivo y otras formas de dar instrucciones. Comparativos. Léxico de alimentos y órganos relacionados con la digestión. Oraciones causales.
  • Destrezas trabajadas: Oral, auditiva, lectura y escritura.
  • Material: Presentación con imágenes y vídeos.
  • Duración: 4 horas.

 

About conflict, conversation and living

Collective awareness evolves more slowly than individual awarenesses. It takes time on a generational scale for the former to assume the latters. Nowadays, talks expressing the unviability of our collective lifestyle are repeated to millions throughout the world during the 1,440 minutes of the day; but, with few exceptions, things remain as they were. Sterile is the indignation that leads to resignation –far more interesting is its opposite: to accept what is without giving up trying to avoid a tomorrow that repeats the today. Resigned to the rules of a society that we think external to us, thinking ourselves incapable of transforming it, our next day is again like today and like all the yesterday that occupies our minds. We live entirely occupied in what is previous: our profession, relatives, doctors, procurements, maintenance of our finances…; to call the plumber or the dentist, to know the latest about this or that physical, political or socioeconomic earthquake, or about the work of this or that artist, athlete or guru; in building our preaching, in rationalizing the felt offense; occupied even in occupying our… leisure time?, free time? Colleges, universities, employment, couples, roles, retirement … concerned on our tomorrow to be comme-il-faut, to eliminate insecurity and, with that, to set our borders. And when we have ‘free time’ (ergo: not slave), we occupy ourselves on filling it with readings, movies, television … in distraction, without leaving space for silence, for occupation on what simply is. We live in the role we assume, which is our prison: from it we look at the world and interpret it. We live preoccupied (pre-busy); and in what is previously busy (in business), there is no room for any new occupation. We are busy in maintaining the system of truths that keeps us still on. Giving it up seems us like a plunge into the abyss. Blessed abyss.

leisureLeisure is not distraction. Distracted we live all day, without seeing what is in the very moment that we face. Leisure, on the other hand, is conspicuous by its absence: there is no room for leisure where concern exists. There is no presence in the noise that fills a preoccupied mind. Presence is in silence, in leisure. Living in business all day every day, there is no room for its opposite. Blessed leisure.

Krishnamurti when you call yourselfThe soul of an individual can not be subject to cultures, traditions or countries, but should always emerge fresh, from the veracity of oneself and from beyond the one, so that it does submit to limits in time or space. Culture is not the past; culture is the fact of cultivating, of flourishing, of learning. The past is culture only insofar as it serves to learning.

We think that we see but we do not see what there is, but rather what our gaze encompasses. Our gaze is the fruit of our concern. We see what our concern –which is our past— allows us to see; and we interpret it according to its arrangement in our system of thoughts. We give to it nouns and adjectives to conceptualize it, to label it in a way that fits our gaze, unable to see without judging. We look at what there is, each from the perspective of his gaze, and we persist in trying to convince the other that what there is is exclusively what we see. One’s world is one’s gaze. If the gaze does not change, how could the world change?

Krishnamurti engkishThe manifestations of conflict multiply: extreme weather phenomena, massive migrations, wars, struggles to control the increasingly scarce resources, poverty, political tensions, national or state nationalisms, ‘market’ battles … Manifestations of conflict are diverse, but conflict is one and unique, and is linked to our gaze, to our way of seeing what happens or, in its place, what our prejudices project. Conflict between theory and practice; between what we see, what we think or feel, what we say and what we do; between what we want and what we are or what there is; between what the one sees and what the other sees. Conflict over power among neighbors, peoples, regions, countries, continents; between colleagues, competitors, companies, ideologies; between interests to maintain what keeps us… We are our gaze. As long as we do not raise our gaze the necessary steps up, we will not see the integrity of the other nor our own, or understand that it is not that the other is wrong, but that he is seeing another face of the same reality, if such a thing exists. We will not see the prison in which we live, from which we look at the world. We will not see with a comprehensive, inclusive, welcoming view of ‘the other’. In a non-comprehensive view what is seen is separated from what is not seen; what is the world of one from what is not, nor can it be because it is not even seen. The more we climb up, the more comprehensive our gaze will be, because less will be left out of it. Only between non-parties the conflict ceases.

negociaciónWhen we come to assume that we must leave room for other interests, we negotiate. Under a partial view the only possible way to evolve with a certain harmony is negotiation. That is to say: my interests are these, yours are those, so let’s see to which intermediate point we arrive to, yielding both sides in our declared claims. But, in order to the agreement point close to our interest, we declare anything that is not undeniable, anything that could ever be possible. In negotiation there is room for deception. Negotiation occurs between nations, between regions, between cities, social groups, companies, political groups, NGOs, relatives … Negotiation becomes the least unsustainable way of evolution for our way of seeing the world, and its result is the certainty that tomorrow’s unsustainability will be bigger than today’s.

Negotiation is a human act, not a natural law: no species lives in negotiation. A successful negotiation, if such a thing exists, is only subscribed by the negotiating parties. The subject who has not participated in the agreement to which a negotiation may arrive will probably be harmed. In a non-comprehensive economy, much is left out of the negotiation: nobody deals with the resources that the economy, unable to consider them, groups under the concept of ‘externalities’. The lettuce, the snail, the water, the air, the following generations … cannot be express themselves in a negotiation. However, they are affected by their results; and, through them, we are all affected again in the longer term. Thus, even if negotiations come to fruition, they can hardly be successful, because they raise up from myopia: either in time or space, they only consider those who are close. They could not consider those who are farther or later, because they can not even be seen, when our world view is myopic.

Life lives herself by incessantly testing novelty, through continuous trial and error, even in time lapses that are incomprehensible for our limited capacity of perception. Life can probably not count long on our species to continue living herself; but what is certain is that this Business Civilization is already out of the equation. Just as disease is a blessing that allows life to continue learning, our species or our civilization will have been a wonder that will have allowed life to discover that the new will have to overcome, at the least, the existence of particular interests; and, at the most, the selfity. The self-consciousness, which founded 40,000 years ago the birth of homo sapiens-sapiens, is also our glorious tomb. Blessed collapse.

Looking at the world from our role, we do not see what happens, but we interpret it from what sustains us. Looking at the world from our yesterday there is no presence, there is no today, there is no novelty, there is no leisure, there is no innovation. There is repetition. We negotiate while we can to maintain our sources of security, because we do not accept the uncertainty; and when it is not possible to negotiate, we impose or resign ourselves to what is imposed on us, without accepting it. If we act to avoid or reject what is imposed on us, there is no action: there is reaction. In the reaction the past is reaffirmed, there is no novelty. We reaffirm the system that keeps us when we close the door to insecurity, and so we perpetuate it. Omnipresent, everlasting, necessary, blessed uncertainty that we unsuccessfully intend to deny. Without it life would not capable of learning from herself.

conversemos-puesBeyond negotiation, conversation emerges. Nice word, conversation. Derived from the Latin versare, which indicates movement (turn, change, spin), and the prefix con-, indicating ‘in company’. To converse is, then, to move together. It is not to dialogue (etim.: speechify rationally), or to exchange opinions, convince or persuade. It is not about confronting arguments so that an agreement can be reached at the end. To converse is to move together all along the expression process. In conversation there is no room for deception. Conversation occurs at all times insofar as it finds no impediment. If there are particular interests to gain performance or advantage in any way (money, recognition, pity, or any other), or prejudices that prevent seeing what is manifested as something new, then there is no conversation.

We fear: climate change, desertification, loss of resources. We are afraid of nationalism, of the stupid occurrences of rocketmen, magnates or whatever politicians ‘of the day’; of markets, of the loss of employment, of tomorrow’s insecurity, of disease … Fearful, we give ourselves to maintain what keeps us, and so only a debacle could make tomorrow different from today. Where a tree lies, no new one can be born. Where the old lies, the new can not be born.

Unable to act freely, we can only repeat the yesterday. While we proclaim its infeasibility, we contribute to maintain it. We do our utmost to earn our livings even if what we do contributes to preventing it negating life; to maintain what keeps us, fattening the system that we abhor; to keep our security, prisoners of a past that we call culture, in which we include some rights that we have attributed without being who to do it. Prisoners of an Economy (with a capital ‘e’ for being a consensual denomination and in italics for fallacious) radically failed for not being comprehensive (holistic), unable to assume that only life can be comprehensive, so only life can express economically (from ‘economy’ in a lowercase, as a natural law to which the Economy intends to approach, without achieving it). Prisoners of an uneconomic economy. Blessed economy.

resilienciaIn its evolution, the Economy of modernity destroys resilience. In the process of concentration that necessarily entails -for its myopia-, it has destroyed the capacity of people to master their lives, by putting an end to the diversity of professions, to rural life, to the richness of the soil, to climate stability, to the diversity of plants and animal species, of ways of understanding life: to the diversity of gazes. Western civilization, which flourished in terms of democracy, knowledge and diversity, is already in a clear process of degeneration due to impoverishment. As every manifestation of life; as everything that is something in itself and part as well as something greater, this civilization was born, grew and is now in the process of degeneration, before dying. Blessed death. Without it, we would still be protozoa. Without it, every today is yesterday.

trump international_3We well know that conventions with the name of nation-states impede conversation, whatever their borders; that the elites are not going to promote it; and that what we have unduly convened to call democracy is absolutely incapable of dealing with the serious threats that, already by themselves, and more so when accumulated, paint the traces of a chaotic world. To rely on an external change to ‘save us’ is pure illusion. Refusing to accept that humanity can not count on our civilization is as illusory as believing that one should not die.

abismoRadical transformation can only happen from the veracity of our lifestyles; without pretending to be a model or to convince, to be an authority or to follow one, to seek to save anything, because there is nothing to save; from pure action, not reactive; being the world that we say we want.

The novelty sprouting from collapse will keep record of what has been and will integrate what has learned. What depends on us is not to avoid it, but to take care of the earth so that the novelty can sprout from healthy seeds. No other mission could possibly be worthier, more enriching, more beautiful and more joyfully compassionate.

Fromm insecurity.jpgBlessed collapse, blessed abyss, before which no partial fix makes sense. Blessed uncertainty, who are we to deny it? Blessed death, which leaves room for the new. To die every night and to be born again every morning, continuously questioning ourselves, dying at every moment, allowing life to express novelty, not repetition. Same as that who does not live cannot die, so that who is not used to die is just breathing in death.

¿Negociación o conversación? Una mirada al conflicto

 

La conciencia colectiva evoluciona más lentamente que las conciencias individuales. Lleva tiempo en escala generacional que aquélla asuma éstas. Hoy en día, seguramente, las charlas que expresan la inviabilidad de nuestro estilo de vida colectivo se repiten a millones por todo el mundo durante los mil cuatrocientos cuarenta minutos del día y, con apenas excepciones, acaban en lo que empezaron. Estéril es la indignación que lleva a la resignación –cuánto mejor su opuesto: aceptar lo que hay sin resignarse a que mañana se repetiere el hoy. Resignados a las reglas de una sociedad que creemos ajena a cada uno, creyéndonos incapaces de transformarla, nuestro día siguiente vuelve a ser como el de hoy y como todo el ayer que ocupa nuestras mentes. Vivimos enteramente ocupados en lo previo: nuestra profesión, los familiares, los médicos, el abastecimiento de productos, el mantenimiento de nuestras finanzas; en llamar al fontanero o al dentista, en saber lo último sobre tal o cual terremoto físico, político o socioeconómico, o sobre la obra de tal o cual artista, deportista o gurú; en construir nuestra prédica, en racionalizar la ofensa sentida… ocupados hasta en ocupar nuestro tiempo ¿de ocio?, ¿libre? Colegios, universidades, empleo, pareja, rol, jubilación… preocupados en que nuestro mañana sea comme-il-faut, en eliminar la inseguridad y, con ello, fijar nuestras fronteras. Y cuando tenemos ‘tiempo libre’ (ergo: no esclavo), nos ocupamos en llenarlo con lecturas, películas, televisión… en distraernos, sin dejar espacio para el silencio, el ocio, la ocupación sencillamente en lo que hay. Vivimos en el rol que asumimos, que es nuestra prisión: desde ella miramos el mundo y lo interpretamos. Vivimos preocupados, y en lo que está ocupado con anterioridad no cabe nueva ocupación. Nos preocupamos en mantener lo que nos mantiene: el sistema de verdades del que salir nos parece precipitarnos al abismo. Bendito abismo.

Ocio no es distracción. Distraídos vivimos todo el día, sin ver lo que hay en el instante. El ocio, por contra, brilla por su ausencia: no cabe en la preocupación. No hay presencia en el ruido que llena una mente preocupada. La presencia está en el silencio, está en el ocio. Viviendo preocupados en el negocio todo el día todos los días, no cabe su opuesto. Bendito ocio.

El alma de un individuo no puede estar sujeta a culturas, tradiciones ni países, sino que ha de surgir siempre fresca, desde la veracidad de uno mismo y desde más allá de uno, de forma que no se someta a lïmites en el tiempo ni en el espacio. Cultura no es pasado; es el hecho de aprender, de cultivar, de florecer. El pasado es cultura sólo en cuanto sirva al aprendizaje.

 

 

Creemos ver pero no vemos lo que hay, sino lo que abarca nuestra mirada, que es fruto de nuestra preocupación. Vemos lo que nuestra preocupación –que es nuestro pasado– nos permite ver; y lo interpretamos conforme a su acomodo en nuestro sistema de pensamientos. Lo definimos y adjetivamos, lo conceptualizamos y etiquetamos de forma que encaje en nuestra mirada, incapaces de ver sin juzgar. Miramos a lo que hay, cada uno desde la perspectiva de su mirada, y nos empecinamos en convencer al otro de que lo que hay es lo que uno está viendo, y no otra cosa. El mundo de uno es su mirada. Si no cambia su mirada, ¿cómo podría cambiar su mundo?

Las manifestaciones de conflicto se multiplican: fenómenos meteorológicos extremos, migraciones masivas, guerras, luchas por controlar recursos crecientemente escasos, pobreza, tensiones políticas, nacionalismos estatales o locales, batallas ‘de mercado’… Pero aunque las manifestaciones son diversas, el conflicto es uno y único, y está ligado a nuestra mirada, a nuestra forma de ver lo que acontece o, en su lugar, lo que nuestros prejuicios proyectan. Conflicto entre teoría y práctica; entre lo que vemos, lo que pensamos o sentimos, lo que decimos y lo que hacemos; entre lo que queremos y lo que somos o lo que hay; entre lo que ve el uno y lo que ve el otro. Conflicto por el poder entre vecinos, pueblos, regiones, países, continentes; entre colegas, competidores, empresas, ideologías; entre intereses por mantener lo que nos mantiene… Somos nuestra mirada. Mientras no subamos nuestra mirada los peldaños que haga falta no veremos la integridad de lo otro ni la propia, ni entenderemos que no es que el otro esté equivocado, sino que está viendo otra cara de la misma realidad, si tal cosa existe. No veremos la prisión en la que vivimos, desde la que miramos al mundo. No veremos con mirada comprensiva, integradora, acogedora de ‘lo otro’. En una mirada no comprensiva lo que se ve está separado de lo que no se ve; lo que es el mundo de uno de lo que no lo es, ni puede serlo porque no se ve. Cuanto más subamos, más comprensiva será nuestra mirada, porque menos quedará fuera de ella. Sólo entre no-partes cesa el conflicto.

Cuando llegamos a asumir que debemos dejar espacio para que quepan otros intereses, negociamos. En la mirada parcial la única forma posible de evolucionar con cierta armonía es la negociación. Es decir: mis intereses son tales, los tuyos son cuales y vamos a ver a qué punto intermedio llegamos, cediendo ambos en nuestras pretensiones declaradas. Y para arrimar el ascua a nuestra sardina (el acuerdo a nuestro interés), declaramos todo lo que no resulte innegable, todo lo que ‘pueda colar’. En la negociación hay espacio para el engaño. Se negocia entre naciones, entre regiones, entre ciudades, grupos sociales, empresas, grupos políticos, ONGs, familiares… La negociación se convierte en la vía menos insostenible de evolución para nuestra forma de ver el mundo, y su resultado es la certeza de que la insostenibilidad de mañana será mayor que la de hoy.

La negociación es un acto humano, no una ley natural: ninguna especie vive negociosamente. Una negociación exitosa, si tal cosa existe, sólo es suscrita por las partes negociantes. El sujeto que no haya participado en el acuerdo al que pueda llegar una negociación podrá salir perjudicado. En una Economía no comprensiva, mucho es lo que queda fuera de la negociación: nadie se ocupa de los recursos que la Economía, no sabiendo considerarlos, agrupa bajo el concepto de ‘externalidades’. La lechuga, el caracol, el agua, el aire, las siguientes generaciones… no pueden expresarse en una negociación. Sin embargo, ellos quedan afectados por sus resultados; y, a través de ellos, todos volvemos a quedar afectados a un plazo más largo. Luego, por mucho que las negociaciones arriben a buen puerto, nunca pueden ser exitosas, porque comienzan en la miopía: sea en el tiempo o en el espacio, sólo considera a quienes están cerca. No podría considerar a los que están más lejos o más tarde, porque ni siquiera puede verlos, si la propia mirada al mundo es miope.

La vida se vive probándose incesantemente a sí misma, mediante continua prueba y error, aun en tiempos inabarcables para nuestra limitada capacidad de percepción. Probablemente no podrá contar con nuestra especie para seguir viviéndose; pero lo que es seguro es que con esta Civilización del Negocio no podrá contar. Igual que la enfermedad es una bendición que permite a la vida seguir aprendiéndose, nuestra especie o nuestra civilización habrán sido una maravilla que le permitirá descubrir que lo nuevo tendrá que superar, al menos, la mera existencia de intereses particulares; y, al más, la yoidad. El aprendizaje de la yoidad, que fundamentó hace 40.000 años el nacimiento del homo sapiens-sapiens, es también nuestra gloriosa tumba. Bendito colapso.

Mirando al mundo desde nuestro rol, no vemos lo que acontece, sino que lo interpretamos desde lo que nos mantiene. Mirando al mundo desde nuestro ayer no hay presencia, no hay hoy, no hay novedad, no hay ocio, no hay innovación. Hay repetición. Negociamos mientras podemos para mantener nuestras fuentes de seguridad, porque no aceptamos la incertidumbre; y cuando no es posible negociar, imponemos o nos resignamos a lo que se nos impone, sin aceptarlo. Si actuamos para evitar o rechazar lo que se nos impone no hay acción, hay reacción. En la reacción se reafirma el pasado, no hay novedad. Reafirmamos el sistema que nos mantiene cuando cerramos la puerta a la inseguridad, y así lo perpetuamos. Omnipresente, sempiterna, necesaria, bendita incertidumbre que creemos negar sin conseguirlo. Sin ella la vida no aprendería de sí misma.

Más allá de la negociación se ofrece la conversación –hermosa palabra. Deriva del latín versare, que indica movimiento (girar, cambiar, dar vueltas), y la raíz con, que indica en compañía. Conversar es, pues, moverse juntos. No es dialogar (etim.: discursar racionalmente), ni intercambiar opiniones, ni convencer o persuadir. No se trata de enfrentar argumentos para que al final pueda llegarse a un acuerdo. Conversar es moverse juntos, en todo el proceso de expresión. En la conversación no hay espacio para el engaño. La conversación ocurre en todo momento en tanto en cuanto no encuentra impedimento. Si concurren intereses particulares por sacar rendimiento o ventaja en forma alguna (dinero, reconocimiento, lástima, o cualquier otra), o bien prejuicios que impiden ver lo que se manifiesta como algo nuevo, entonces no hay conversación.

Tememos: al cambio climático, a la desertización, a la pérdida de recursos; a los nacionalismos, a las ocurrencias del hombre cohete, del hombre magnate o del poderoso político de turno, al mercado, a la pérdida de empleo, a la inseguridad del mañana, a la enfermedad… Temerosos, nos entregamos a mantener lo que nos mantiene, y así sólo una debacle puede hacer que mañana sea distinto a hoy. Si lo viejo no muere, lo nuevo no puede nacer. Donde radica un árbol no puede nacer otro. Donde radica lo viejo no puede nacer lo nuevo.

Incapaces de actuar con libertad, sólo podemos repetir el ayer. Mientras proclamamos su inviabilidad, contribuimos a mantenerlo. Nos desvivimos por ‘ganarnos la vida’ aunque lo que hagamos contribuya a impedirla; por mantener lo que nos mantiene, cebando el sistema que decimos aborrecer; por mantener nuestra seguridad, presos de un pasado al que llamamos cultura, en la que incluimos unos derechos que nos hemos atribuido sin ser quiénes para ello. Presos de una Economía (con mayúscula por denominación consensuada y en cursiva por falaz) radicalmente fallida por no ser comprensiva (holística), incapaces de asumir que sólo la vida, por ser comprensiva, se expresa económicamente (de ‘economía’ con minúscula, por ser ley natural a la que pretende aproximarse la Economía, sin conseguirlo); de una Economía antieconómica. Bendita economía.

En su devenir, la Economía de la modernidad arrasa la resiliencia. En el proceso de concentración que necesariamente conlleva –por su miopía—, ha destruido la capacidad de las gentes para ser dueños de sus vidas, a medida que ha acabado con la diversidad de profesiones, con la vida rural, con la riqueza del suelo, con la estabilidad climática, con la diversidad de especies vegetales y animales, de formas de ver la vida: de miradas. La civilización occidental, que fructificó en términos de democracia, conocimiento y diversidad, se encuentra ya en franco proceso de degeneración por empobrecimiento. Como toda manifestación de vida; como todo lo que es algo en sí y parte además de algo mayor, nació, creció y ahora está en proceso de degeneración, antes de morir. Bendita enfermedad, bendita muerte. Sin ellas, seguiríamos siendo protozoos. Sin ella, todo hoy es ayer.

Bien sabemos que las convenciones con nombre de estados-nación impiden la conversación, sean cuales sean sus fronteras; que las élites no van a promoverla; y que lo que indebidamente hemos convenido en llamar democracia es absolutamente incapaz de tratar con las graves amenazas que, ya por sí solas, y más aún acumuladas, pintan los trazos de un mundo caótico. Poner esperanza en que un cambio externo a nosotros ‘nos salve’ es pura ilusión, por fuerte que sea. Negarse a aceptar que la humanidad no puede contar con nuestra civilización es tan ilusorio como creer que uno no ha de morir. No hay cosa que salvar.

La transformación radical sólo puede ocurrir desde la veracidad de nuestros estilos de vida; sin pretender ser modelo ni convencer, ni ser autoridad o seguir a una, ni buscar con ello salvar cosa alguna, pues no hay cosa que salvar; desde la acción pura, no reactiva; siendo el mundo que decimos querer.

Del colapso brotará algo nuevo que tendrá registro de lo que hubiere sido e integrará lo aprendido. Lo que de nosotros depende no es evitarlo, sino cuidar la tierra para que la novedad pueda brotar de semillas sanas. No hay empresa más digna, más íntegra ni más hermosa.

Bendito colapso, bendito abismo, ante los que no caben parches. Bendita incertidumbre, ¿quiénes nos creemos para negarla? Bendita enfermedad, bendita muerte, que deja espacio a lo nuevo. Morir cada noche y nacer nuevo cada mañana, cuestionarse continuamente, morir a cada instante, permitir que la vida exprese novedad y no repetición…No muere quien ya está muerto, quien no vive. Vivir es morir. 

Vivir es un arte del que urge aprender.

 

 

Conversation, lifestyle and sustainability

This post includes several additions and precisions to the one published in my friend Felix Dodd’s Guest Blog on 26/3/2017 (http://blog.felixdodds.net/2017/03/guest-blog-conversation-lifestyle-and.html)

Alejo holds some graduations, but is reluctant to labels and prefers to be called a conversationalist, if any. Four years after quitting the sustainability arena to navigate ‘the self’, he realizes that learning to live a kind of first-hand life, reducing his market-reliance and consistently rejecting all manifestation of falseness, is the only that he can do for sustainability. With such vision, he is undertaking a centre for Spanish language learning for foreign speakersi.

Conversation, lifestyle and sustainability

Falseness rejection has to do with what one eats or wears; where one buys goods or services from, puts his savings in or travels in holidays to; what’s the goal of the business that one works for or the fuel his car consumes; how one faces relations… rather than with being persuaded that the world outside should follow another evolution pattern and to try persuade others on it. This said, it does not involve that working on the ‘big thing’ (e.g., national or international climate change negotiations) is useless –opposite, it is necessary in this ludicrous world. But such consistent rejection of falseness inevitably leads to the negation of interests diversity very existence; and, might working on agreeing different interests not be an unintended way to reconfirm them? What if such world’s ludicrousness met its way in fewer and fewer beings? On the other side, although international treaties would make global change more feasible, we cannot wait for them, because a huge deal of legislation and time that we don’t have would be needed; and because, at the end, the responsibility would again relie on each and all of us, individuals.

Montaña paseoSome months ago, while in my daily mountain walk, I received a call from a good friend. We held a long talk, and before goodbye he said that he could see himself conversing by my side. Beautiful word, conversation. It derives from latin versare, which indicates movement (turn, change) and from the root con, for ‘in common’. To converse is therefore to ‘move together’. It is not to dialogue (etym. ‘speechify rationally’), or to argue, convince or persuade. It is not a matter of arriving to a final agreement after a discussion. To converse is to move together all along the expression process. Conversation occurs in inverse proportion to the impediments it meets. When interest exists, either to convince, to gain yield, recognition, shame or any other advantage; or when prejudices impede the observation of what is happening, conversation may hardly flow.

UniversoSimilarly, universe is the ‘sole movement’, even when it manifests by means of infinite organisms –out of which we humans are only a case, as lettuces, nails, minerals, water or earth are. We are all manifestations of life’s diversity, concentrations of energy under a temporary specific form. We all feed eachother, being homes to the energy that moves the sole movement and that the sole movement regenerates. So, only universe –or life— may converse, and can only do it with itself, in a continuous learning process.

ecosistemaThe energy that life manifests through each of us, remains after our organic activity comes to an end: our bodies are buried or burnt, then corrupted into humus, liquids or gases, which turn into earth or air, plants or gas flows, into animals that then die and continue the never ending evolutioning process of birth, sacrifice and re-birth that Ken Wilber shows to be driven by certain tenents1, as recent scientific findings support2. The strong controversy that such findings have caused in the scholar field was tackled many years ago. Wilber3 gathered texts by some of the most brilliant physicists in history (Heisenberg, Schrödinger, Einstein, Jeans, Planck, Pauli and Eddington) that agree, even being mystics all of them, in the incapability of science to deal with mysticism. As Wilber puts it: “in the mystical consciousness, Reality is apprehended directly and immediately, meaning without any mediation, any symbolic elaboration, any conceptualization, or any abstractions”. A space of mental silence, thoughts-, emotions-, prejudices-, judgements- and intentions-free, is needed to transcend (and include) science to approach to such apprehension.

FalsenessIt’s not hard to realize how ubiquitous falseness is ‘out there’. When our mind stops convincing us of how good and necessary we are, it might become clear that we also have much falseness inside, that our lifestyles are packed with it. When conversations with friends lead to this issue and, soon after, to their jobs, a barrier consistently arises, normally expressed in an “ok-yes-but…-everybody’s-got-to-make-a-living!” style. The conversation normally ends at this point because, obviously, in our Economics-driven living civilization, jobs are needed. An etymological exposition about the word prostitution could be relevant here, but you can probably guess it out; so it might be more adequate to precise what ‘Economics’ mean here, and what difference is made with ‘economy’.

Let’s convene to call economy (with lower case for being a common word) to the law followed by life through any manifestation, there where (scarce) resources exist. A river flows to the sea having into account the whole: its own power, the power it may gain by meeting more tributaries, the hardness of the rocks and land it meets, … and the infinite complexity. A tree grows with the same criterion, considering the richness of the land where it lies, the power it may gain from other living creatures, the protection to other trees that it may need to remain alive itself… (it might be surprising to learn the new scientific findings about plants’ intelligence5). See bees, ants… And one’s reasoning opens to capture that there is intelligence everywhere. The life expression that each of them is has into account whatever it needs. Animals, plants, microorganisms… populations, communities, ecosystems, biosphere… they are all manifestations of the economy of nature6 — or the intelligence.

On the other side, let’s call Economics (with capital initial for being a convention) both to the academic discipline and also, for a simplifying moment, to the prevalent (and so biassed) understanding of the world’s economy in our civilization. Economics don’t consider all resources (the word resource implies scarcity), but just some of them: capital, land and labour (by the way, is labour scarce, or is its opposed –employment— which is scarce?). They do not, and could ever not by themselves, take into account all what might be grouped under ‘natural environment’ (water, breathable quality air, biodiversity and the incomprehensible variety of resources that nature is –rather than provides with), as far as they have no owner to pay to for its use and they are free-access. So, Economics, by not being holistic (not having into account all resources), necessarily behave anti-economically, breaking the natural balance detrimentally to those resources that they do not consider7. Attempts have been made to bring some natural resources into Economics, but they fail following this inconsiderateness8; and also following increasingly continuous demonstration of human stupidity –which is not, as we know, any scarce. The mantra of the Green Economy that we must give nature a value to protect it is, at least, extremely high risk. A system adopts and adapts what fits into it, and turns the rest down. But, as J. Krishnamurti put it, “it is no measure of health to be well adjusted to a profoundly sick society.” Seeds of corruption are powerful: they need very little to flourish there were they are. 

river flowEvidences show that the worlds’ environmental state is deteriorating alarmingly9, if one doesn’t dare to say irreversibly. We can feel the abyss’ breath right before us, and yet our most basic instinct impedes us to realize that hope is just a mere illusion. So we keep on researching, speeching, negotiating, failing to meet, blaming on others and so on, without seing inside us the root of any form of conflict, the very conflict itself. Thousands of species and civilizations have perished before ours11, and ours will follow the same path, no matter how hard to accept it is. Only life is sustainable; nothing else. The more impediments it meets in its flowing, the more energy it delivers through alternative paths, like rivers do, because it’s life who does. Life continues living itself, who knows what way. Who knows if it will count on homo sapiens or not, but it’s sure that on our civilization it cannot count. Neither with the golden calf that presides it.

GardenSomething radically new will necessarily follow irreversibility. Certainly, the future will keep memory of the past12, integrating and transcending it. What depends on us is no longer to prevent what is irreversible, but to care for the earth, in order for novelty to grow from wholesome seeds.

No other mission could possibly be worthier, more enriching, more beautiful and more joyfully compassionate.

i Estilo de Vidas vision (www.estilodevida.org) is that of a centre for conversation and of a strength to join the momentum to a resilient, ecolocal rural lifestyle. It’s missioned through a home for foreign language speakers to learn Spanish.

a fruitful life in the rural environment is a assumed a must also to provide resilience to urban livings nearby, as well as to take in an increasing population that might find in it a refugee from the exclusionary path that the poor shared understanding of economy imposes.

1See http://www.theinnercoach.eu/wp-content/uploads/2012/05/Ken-Wilbers-20-Tenets.pdf, extract summarized from Wilber, Ken (1995) Sex, Ecology, Spirituality. The Spirit of Evolution. Boston: Shambhala.

2Kaku, M (2013) Is God a Mathematician? Youtube-Big think Available at: https://www.youtube.com/watch?v=jremlZvNDuk [Last accessed 24 march 2017]

3Wilber, K (1984) Quantic Questions. Boston: Shambalha.

4Rogers, B. (2006) Poetic Unconvering in Heidegger. Aporia 122. Available from: http://aporia.byu.edu/pdfs/rogers-poetic_uncovering_in_heidegger.pdf [Last accessed 26 march 2017]

5Mancuso, S. and Viola, A. (2013) Brilliant Green. The Surprising History and Science of Plant Intelligence. Island press. Book review available in: https://www.theguardian.com/environment/radical-conservation/2015/aug/04/plants-intelligent-sentient-book-brilliant-green-internet

6Ricklefs, R. and Relyea, R. (2013) Ecology: The Economy of Nature. 7Th ed. New York : W.H. Freeman and Company

7Etchart, A. (2012) Comunidades y negocios sociales: hacia una propuesta sistémica. Public Policies and Territory.  Politics and Terrirories 1 (3). [Last accessed 24/3/2107]. English version here.

8See: Heelm, D. (2009) Climate-change policy: Why has so little been acheved. In: Helm, D. and Hepburn, C. (2009) The Economics and Politics of Climate Change. Oxford NY: Oxford University Press.

9Fathehuer, T. (2014). New Economy of Nature- An Introduction. Heinrich Böll Stiftung, Ecology 35. Available from: https://www.boell.de/sites/default/files/new-economy-of-nature_kommentierbar.pdf [Last accessed 26/3/2107]

10Krishnamurti, J. And Bohm, D (1985) The Ending of Time.  NY: Harper San Francisco. Available from: http://www.jiddu-krishnamurti.net/en/the-ending-of-time/1980-04-01-jiddu-krishnamurti-the-ending-of-time-the-roots-of-psychological-conflict [Last accessed 26/3/2107]

11Montesharrei, S., Rivas, J. and Kalkay, E. (2014) Human and Nature Dynamics (HANDY): Modeling Inequality and Use of Resources in the Collapse or Sustainability of Societies. Ecological Economics 101, 90-102. Available from: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0921800914000615

12Laszlo, E. (2004) Science and the Akashic Field: An Integral Theory of Everything. Rochester, Vermont: InnerTraditions.

Seamos pues conversación, amigo Pablo

La semana pasada, paseando por el monte, crucé algunos mensajes con mi buen amigo Pablo Angulo, que se despidió diciendo que se veía conversando a mi lado pronto –buena expresión, que inspira estas líneas.

Es palabra hermosa, ‘conversar’. Viene del latín versare, que indica movimiento (girar, cambiar, dar vueltas), y la raíz con, que indica en compañía. Conversar es, pues, moverse juntos. No es dialogar (etimológicamente: discursar racionalmente), ni intercambiar opiniones, ni convencer o persuadir. No se trata de enfrentar argumentos para que al final pueda llegarse a un acuerdo. Conversar es moverse juntos, en todo el proceso de expresión. La conversación ocurre en todo momento en tanto en cuanto no encuentra un  impedimento. Si concurren intereses particulares por sacar rendimiento o ventaja en modo alguno (dinero, reconocimiento, lástima, o cualquier otra forma), o bien prejuicios que impiden ver lo que se manifiesta como algo nuevo, entonces no hay conversación.

Universo es, similarmente, el movimiento único que se manifiesta a través de infinitos  organismos, del que los humanos somos sólo un caso, una condensación de energía en determinada forma, como lo son la lechuga, el caracol, los minerales, el agua del mar… No hay tal cosa como seres no vivos, toda materia es viva. Las mismas piedras se oxidan o se sacrifican fundiéndose con otras piedras y organismos, a una velocidad imperceptible para los sentidos del cerebro humano, obedeciendo a la economía con que toda vida se expresa. Se alimentan del aire, la lluvia, la tierra, restos de seres animados… Todas ellas se alimentan entre sí, acogiendo la energía que se desprende del movimiento único.

En la esencia no hay otredad. La ilusión de que somos algo esencialmente individual es una mera creación del cerebro, que genera cúmulos de reacciones químicas a las que llamamos sentidos, que nos hace percibir lo que del universo pueden captar –las plantas, ¿saben?, tienen 18… hasta donde la ciencia llega—, y albergar pensamientos, emociones y sentimientos tan condicionados que no hay en ellos grado alguno de libertad. Condicionados por nuestro pasado, que es el pasado íntegro del universo; por nuestra limitación perceptiva; por el proceso cerebral que  ilusiona el yo separado del movimiento único, y ceba esa ilusión sintiendo tanto agravio como merecimiento, tristeza como júbilo, maldad como bondad, injusticia como justicia… siempre en torno al yo protagonista.

Si somos individuos es sólo accidentalmente, como expresiones de la vida. Sólo como tales expresiones en forma de organismo nacemos y morimos. Lo que muere es la actividad orgánica –particularmente cerebral— que conciencia y fundamenta el yo separado. La vida que a través de nuestros organismos se manifiesta, a través de ellos continúa viviéndose a sí misma: al sacrificarlos los corrompe (los descompone su unidad), los hace tierra, minerales, plantas, gases, seres de nuevo, en su conversación hacia la complejidad. Participando de ella junto con los demás organismos, todos éstos con el sol, éste con la galaxia, y así de forma infinitamente ascendente, lo que descendió se funde en el universo, en la vida, fuera de la cual nada hay. La muerte es tan accidental como el yo. Todo sigue viviendo, la energía se transforma: el cuerpo en materia sólida y en gases. La mente, en otras formas de energía: la memoria de lo vivido, aprendido y acaso pensado, en el campo akhásiko, a disposición de la vida, para que el eterno presente aprenda de sí mismo lo que quiera que en él pueda haber acaecido; la yoidad, por su parte (pensamientos, emociones, sentimientos, interpretaciones sensoriales…), en energía… ¿quizá cargada?  ¿Cuánta energía libera el yo que muere con la muerte orgánica? ¿Cuánta el yo que muere más joven?

El yo puede comprender esto en tanto en cuanto desaparecen toda intención, todo interés, todo prejuicio y juicio, toda pretensión, todo pensamiento… en cuanto se desvanece, siquiera por un instante. No más puede comprender el yo que piensa. En el silencio, presencia permanente, sin ruido mental, sin pensamientos ni emociones elaboradas, sin manifestación del yo, la vida se manifiesta sin miedo, rubor, pudor, humildad ni presunción, vergüenza ni orgullo, ofensa ni defensa…

Si hay un yo que juzgue que así es, puede asentir sin aprehenderlo completamente, sin comprenderlo; porque el yo no aceptará su propia negación. Si hay un yo que juzga que así no es, lo hará en interés de su propia reafirmación. Sin juicio no hay yo. Hay escucha. Hay conversación.

Acompañémonos pues en la conversación y dejemos que en ella brote la novedad.

Juegos de niños y estilos de vida

Todo esto que llamamos política es un mero juego de niños. Bien sabemos que, como en el resto del mundo, en España lo que está en juego es mucho más que mucho más que virajes a izquierda o derecha; mucho más que cambios en políticas de género, de cooperación, de emigración, energética, fiscal, tecnológica, demográfica, agrícola, económica, social, medioambiental…; incluso mucho más que una redistribución más igualitaria de los recursos de la Tierra. Ninguna reforma del sistema imperante es suficiente.

Bien sabemos que las convenciones o ficciones llamadas estados-nación imposibilitan tal transformación; que las élites no van a promoverla; y que lo que indebidamente hemos convenido en llamar democracia es absolutamente incapaz de tratar con las graves amenazas que, ya por sí solas y más acumuladas, pintan los trazos de un mundo caótico.

Poner esperanza en que un cambio externo a nosotros ‘nos salve’ es pura ilusión, por fuerte que sea.

La transformación radical sólo puede ocurrir desde nuestros estilos de vida. Sin pretender ser modelo ni convencer, ni ser autoridad o seguir a una, ni buscar con ello salvar cosa alguna, pues estaríamos enfangados en el origen del mismo mito que lidera a nuestra civilización hacia un colapso del que no hay escape verosímil.

Del colapso brotará algo nuevo que tendrá registro de lo que fue e integrará lo aprendido. Lo que de nosotros depende no es evitarlo, sino cuidar la Tierra para que la novedad pueda brotar de semillas sanas.

No hay empresa más digna, más íntegra ni más hermosa.